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thème : « J'ai fait
reculer jadis la mafia qui voulait me détruire, je ne reculerai pas aujourd'hui devant
une justice censée me défendre. »
Renée Le Roux a été en 1975 la
première femme à se dresser contre la Mafia qui s'implantait dans les casinos du sud de
la France. PDG du Palais de la Méditerranée de Nice, elle entreprit de résister à
"la pieuvre" qui par de crapuleux moyens tentait de s'emparer de ce prestigieux
établissement, qui fut durant près d'un demi-siècle le centre de la vie culturelle et
mondaine de la Côte d'Azur. Cette lutte inégale s'acheva par la fermeture, puis le
pillage et la destruction du Palais.
Trahie, menacée, calomniée,
mais jamais abattue, Renée Le Roux se heurta à la corruption du milieu politique
niçois, à l'indifférence de la justice et de la police paralysées par des forces
occultes. Refusant de céder à de formidables pressions, elle fut pour beaucoup dans
l'effondrement du système mafieux qui régnait sur la Côte d'Azur. Cette victoire eut un
prix : la disparition de sa fille Agnès, probablement assassinée, dont personne n'eut
plus jamais de nouvelles. Aidée par quelques fidèles, dont le célèbre détective belge
André Rogge, Renée Le Roux n'a jamais renoncé à connaître la vérité et à faire
punir les coupables. Aujourd'hui elle demande des comptes à la justice qui semble ne pas
vouloir exploiter les éléments nouveaux qu'elle lui a fournis.
A l'occasion de ces entretiens
avec l'historien Alain Roullier, qui permettront de connaître l'origine réelle de la
Mafia, Renée Le Roux dévoile aujourd'hui les derniers éléments de l'enquête et ouvre
enfin au public les archives secrètes du Palais de la Méditerranée. Elle dénonce
également les nouvelles infiltrations mafieuses dans le sud de la France, les étonnants
dysfonctionnements de la Justice ainsi que les nouveaux scandales qui ont conduit le
ministère à enquêter à Nice et à y envoyer le procureur De Montgolfier pour remettre
de l'ordre. Le passé de certaines personnalités est évoqué ; les noms de politiciens,
magistrats, policiers, francs-maçons, fonctionnaires impliqués sont cités sans
complaisance.
Renée Le Roux est l'auteur de
Une femme face à la Mafia, publié chez Albin Michel en 1989.
Les procès, le procureur Eric
de Montgolfier :
La publication de ce livre a
suscité un grand intérêt chez le public, relayé par les médias (notamment Nice-Matin
; LHumanité Hebdo ; Le Point ; Le Figaro ; France
Info ; FR3 ; M6 et début janvier 2000 Télé Monte Carlo dans lémission Sud).
Dans le Figaro du 3
novembre 99, le procureur Eric de Montgolfier déclarait au sujet de Révélations :
" Dans les affaires dont jai une certaine connaissance, je nai
presque pas relevé dinexactitudes
"
Plusieurs procédures judiciaires
ont été intentées par trois personnes mises en cause dans Révélations. Compte
tenu que plus de 650 noms sont cités dans louvrage, cest relativement peu.
Les deux premières plaintes
déposées émanaient de M. Christophe Lotigié, actuellement Directeur Territorial,
Chargé de mission à la mairie de Nice et donc proche du maire M. Jacques Peyrat. M.
Lotigié sestimait diffamé et demandait le retrait de la vente du livre ainsi que
des dommages et intérêts (une procédure de référé et une procédure en
correctionnelle, toutes deux articulées sur les mêmes arguments). Mme Le Roux déclare
quil était présent à une cérémonie de mariage dun repris de justice
notoire, ce que contestait M. Lotigié. Sa plainte en référé a été rejetée par le
tribunal, notamment sur le témoignage de Mme Baréty, sur de lex-maire de
Nice du même nom, qui a déclaré quelle se souvenait de la présence de M.
Lotigié à cette cérémonie.
Sa plainte en correctionnelle a été radiée par le tribunal car M. Lotigié na pas
juger bon de verser la provision nécessaire à cette action.
Trois autres plaintes émanaient
de M. Gilles Buscia, ancien membre de lOAS, actuellement Chargé de mission au
cabinet du maire de Nice. Une de ces plaintes est actuellement encore en délibéré.
Tout dabord, M. Buscia sestime diffamé par Mme Le Roux lorsquelle
rappelle son passé. Dans sa citation en correctionnelle, M. Buscia fait état des propos
suivants de Mme Le Roux, extraits de Révélations :
" Le nom de ce personnage avait été mêlé au meurtre du commandant
Kubaziac
De même, Gilles Buscia a participé à la préparation de lattentat
manqué contre le Général De Gaulle
Condamné en 65 à la détention perpétuelle,
Buscia a été gracié puis libéré en juin 68
" (déclaration qui
reprend mot à mot un article paru dans le quotidien Nice-Matin que M. Buscia
na jamais attaqué)
Puis plus loin :
"
il (Jacques Peyrat) choisissait comme collaborateur lex-OAS
Gilles Buscia, lequel avait tenté dassassiner le Général De Gaulle. [
] Un
homme secondé par lun des factieux qui avaient tenté dassassiner son
inspirateur historique ! ! ! limmoralité à létat
pur ! ! ! "
M. Buscia, qui prétend que Mme
Le Roux a porté atteinte à son honneur, raconte pourtant lui-même ses exploits dans
deux livres intitulés Au nom de lOAS : Objectif Pompidou et Au nom
de lOAS : Requiem pour une cause perdue. Ces deux ouvrages furent publiés
au début des années 80 aux éditions Alain Lefeuvre (aujourdhui Rédacteur en chef
de la revue municipale Nice-Magazine). M. Buscia y explique notamment comment il a
assassiné plusieurs hommes, pillé des banques, etc
(les faits étant prescrits, il
pouvait tout écrire sans aucun risque de poursuites judiciaires).
Voici pour information un court extrait de Au nom de lOAS : Requiem pour une
cause perdue : " En se voyant perdu le commandant Kubaziac se mit à
hurler, attirant aussitôt dans le couloir plusieurs membres de sa famille, qui en tentant
de sinterposer, empêchèrent le légionnaire de le poignarder avec précision
Jestimai quil fallait en finir et jouvris le feu sur lofficier qui
sécroula. Je lui tirai alors le coup de grâce, afin de massurer la bonne
exécution de ma mission. [
] Je regardais mes hommes les uns après les autres
tous semblaient parfaitement détendus et cependant que lun des légionnaires
essuyait son poignard tâché de sang avec un chiffon sorti dun sac de plage, les
autres semblaient admirer la campagne aixoise, fort belle en cette saison. "
Pour lire dautres extraits, cliquez
ici.
M. Buscia a également intenté
deux autres procédures judiciaires (une en référé et une devant le TGI). Ces deux
procédures sont dues à une coquille dimprimerie involontaire : le nom
dun mafieux italien nommé BRUSCA (dont il est question dans un chapitre consacré
à la mafia) est orthographié BUSCIA sur une des pages. M. Buscia sest vu tout
dabord débouté de sa demande de retrait du livre de la vente et de dommages et
intérêt. Le tribunal des référés, présidé par M. Expert (Président du TGI de
Nice), a en effet conclu qu " il y a lieu de considérer toutefois
que cette erreur manifeste dimprimerie nest pas de nature à provoquer, un
risque sérieux de confusion entre Gilles BUSCIA, et Giovanni BRUSCA chez un lecteur
normalement attentif. "
Toutefois, les voies du Palais de Justice de Nice étant aussi impénétrables que celles
de Dieu, le TGI a quant à lui estimé quelques semaines plus tard que " la
grande similitude entre les noms, qui est dailleurs très vraisemblablement à
lorigine de lerreur dimprimerie, [est] de nature à engendrer la
confusion dans lesprit du lecteur. " Ceci a valu à Mme Le Roux, à M.
Alain Roullier et aux éditions Feel une condamnation à 10.000 F de dommages et
intérêts ainsi que la publication dans le quotidien Nice-Matin de la décision du
tribunal. Ce jugement prend lexact contre-pied de la décision antérieure du
président du TGI jugeant en référé
Enfin, la dernière plainte
émane de M. Laffargue, ex-Commandant de la Police Nationale actuellement retraité. Mme
Le Roux laccuse davoir protégé lavocat Agnelet, principal suspect de
lenlèvement (et probablement de lassassinat) de sa fille Agnès Le Roux. Dans
un rapport de police, M. Laffargue affirmait avoir vérifié lalibi dAgnelet.
Or Mme Le Roux apporte dans Révélations la preuve irréfutable que lalibi
est faux
Après avoir demandé plusieurs reports d'audience,
M. Laffargue s'est finalement désisté...
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